Que l’arbre des grands projets ne cache pas la foret des métropoles !

vendredi 19 juillet 2013
par  Christian Berthier

Affrontant une levée de boucliers des associations d’élus locaux…y compris régionaux, le gouvernement a très récemment limité l’acte III de la décentralisation à la mise en vigueur des « métropoles ».

Nouvelle levée de boucliers des élus locaux qui craignent que, européennes, nationales ou régionales, les « métropoles » ne soient favorisées par l’État central et le Parlement et qu’il ne reste aux régions, départements et communes que des dépenses et la recherche de ressources propres mais limitées par le désendettement de l’État, mais limitées aussi par le financement forcé de grands projets décidés et gérés au niveau national ou européen, tel l’aéroport de Notre Dame des Landes, telle autoroute, telle ligne de TGV ou tel tunnel alpin.

Quel citoyen, qui a du mal a joindre les deux bouts de son budget familial, ne voit pas avec sympathie les mobilisations écologiques contre ces fameux grands projets !

Encore faudrait-il aussi s’intéresser avant qu’il ne soit trop tard au cadre administratif, financier et politique dans lesquels ils s’insèrent.
Car ce cadre, le déjà fameux « Acte III » tente d’aggraver de façon dramatique la réforme territoriale de 2010 et ses conséquences nocives pour les citoyens.

C’est donc très normalement que le gouvernement se heurte au même refus des élus et des électeurs qui ont amené une majorité de gauche improbable au Sénat.

De mouture en mouture, le projet Hollande-Ayrault devient de plus en plus antidémocratique et inacceptable pour le peuple, largement au delà des clivages droite-gauche.

Au point que, par exemple, tous les ministres ne reçoivent plus en même temps les textes a ce sujet...et parfois après certaines personnalités de l’opposition et élus de "gauche" bien en cour.

Et Hollande d’évoquer l’urgence d’un gouvernement "économique" de la zone euro qui déciderait des budgets nationaux en lieu et place des parlements et gouvernements nationaux. Rendre la clause de « compétence générale » aux régions et départements ne serait alors qu’une hypocrisie de plus ?

Trop, c’est trop ! Les élus individuellement et collectivement ont des mandats a remplir et refusent d’être envoyés à l’abattoir électoral par un pouvoir qui ne les respecte pas.

Depuis l’appel à des "États Généraux" par l’ADF en son 80 e congres d’octobre 2010, l’Association pour une Constituante estime qu’une révolte des élus est en cours. Leurs électeurs n’en peuvent plus, leurs élus n’en peuvent plus ! Des liens tissés en 220 ans. Il s’agit en fait du constat de l’ incompatibilité totale de la démocratie représentative avec la "gouvernance" des traités signés par la France en 2012 dans le contexte de crise économique et d’exacerbation de la concurrence au niveau mondial.

Prévoyant un refus massif des métropoles de province, la « gouvernance » regroupe ses forces en région parisienne avec celles, non élues, du Grand Paris qui privent les communes-gares de la maîtrise de leur foncier et taxe la région de 500 millions d’euros par an sans pouvoir en contrôler l’usage et les délais.

Les communes de la petite couronne seraient dessaisies par intercommunalités forcées de leurs prérogatives en matière de logement et de transport après l’avoir été de celles en matière de santé et de protection sociale par l’ ARS. C’est insulter les élus et leurs électeurs que de suggérer que des communes et cantons de dizaines de milliers d’électeurs ne sauraient pas, dans l’intérêt de ces derniers, s’associer librement, étudier, décider, gérer des budgets importants et des services publics et privés.
Que ce soit à 90 ou a 220 communes, depuis trois ans, combien de temps perdu, combien de budgets reportés, de présidents nommés, de « conférences » et concertations menées sans que les pouvoirs et élus publics soient parvenus à maîtriser les échéances et budgets du « super métro » alors que l’on estime de nouveau à 4 millions de m2 la surface des bureaux et locaux disponibles en Région Parisienne…comme dans les années 90.

Aujourd’hui, il faut faire le point. Rendre le pouvoir des collectivités locales aux électeurs et à leurs élus. En 1789, le pouvoir parisien avait réunis les états généraux pour accroître les impôts et payer ses créanciers étrangers. Tous les chiffres le prouvent, les élus locaux sont meilleurs gestionnaires et investisseurs que l’état central. Celui-ci doit payer ses dettes, Il faut rendre en région parisiennes aussi les communes, les intercommunalités choisies et les départements aux électeurs et aux conseils élus.


Commentaires

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samedi 3 août 2013 à 15h19 - par  CHENARD

Bonjour,
Merci pour votre analyse de la destruction du premier lieu de démocratie. Le schéma directeurs sous-jacents est européen avec la construction des eurorégions porté en priorité par les partis écolos. Disparition de l’échelon national au profit des régionalismes sur la base ethniques (langues anciennes ressuscitées) et supra nationales. ni l’une (pas de culture donc de démos pour la grande majorité des habitants de ces zones géographiques) ni l’autre (pas ed démos européen ni culture commune). C’est à marche forcée que l’UE (et non la France) s’inscrit et d’un projet de fédération des Etats unis d’Europe. Voici un article de Pierre Hillard de 2003 sur ce projet eurpéen http://www.diploweb.com/p5hillard1.htm et une conférence de François ASSELINEAU (UPR) à Namur expliquant l’actualité européenne (indépendance catalogne, Ecosse ou encore problématique de la Belgique) et les ressorts supranationaux cachés. La France, par sa Constitution a refusé jusqu’à présent d’adopté la Charte des langues régionales ou minoritaires (1988) mais Sarkozy a préparé le terrain en faisant changer des articles de notre Constitution... http://www.youtube.com/watch?v=2gHw_ukFFDI

En incriminant manipulatoirement le pouvoir national alors qu’il n’a plus les manettes (surtout depuis l’adoption de la Constitution européenne par le TUE et TFUE en 2008), c’est œuvrer pour la disparition de la démocratie et des protections que nous avions depuis le CNR et bien avant !
A voir, à lire et à vérifier même ces infos pour se faire une vraie opinion.

Logo de Andrée
samedi 20 juillet 2013 à 19h32 - par  Andrée

"Et Hollande d’évoquer l’urgence d’un gouvernement "économique" de la zone euro qui déciderait des budgets nationaux en lieu et place des parlements et gouvernements nationaux."

Bonjour,

Y a-t-il un texte, un lien ou une interview où l’on peut voir, entendre ou lire cela ? C’est à dire Hollande tenant ces propos ?

Merci d’une réponse.
Je ne manquerai pas de publier cela sur mon petit réseau.

Bien cordialement,
Andrée

Logo de Annie DUFRENE
samedi 20 juillet 2013 à 15h44 - par  Annie DUFRENE

Enfin, il est désespérant de constater que même les élus qui s’opposent à cette réorganisation territoriale et antidémocratique, antirépublicaine de l’état devenaient inaudibles ; à un moment, j’ai espéré que le front de gauche allait être plus audible mais rien de tout cela ;
or, 2 remarques : depuis des années, tous les gouvernements attendaient les "vacances" pour faire passer leurs réformes ; jusqu’à présent, la majorité de celles-ci avaient trait à des "coupures"financières, importantes certes, mais qui semblaient se limiter à ce domaine. Or, cette année, il s’agit semble-t-il, et sans faire de paranoia, de tirer un trait DEFINITIF sur le lieu de naissance de la démocratie qu’est la commune : les tâches"de la mairie" étaient de s’assurer que tous aient un accès à l’école, à la santé, aux divers services techniques (eau, hygiène,énergie...), d’assurer les différents actes de l’état-civil et peut-être, est-ce que j’en oublie ; en tous cas, sauf dans les très grandes villes, les élus RESTAIENT ACCESSIBLES, le conseil municipal était public, etc. En tous cas, la commune n’était pas AUX ORDRES de l’état et restait un lieu où chacun pouvait s’exprimer et éventuellement faire valoir ses droits.
Le pouvoir, est en train de briser tout cela et de transformer, par cette réforme (en particulier celle des métropoles) d’interdire à chacun, l’accès à la commune, à la mairie, etc.
L’exemple type est celui de Marseille, où malgré le courage des élus (sauf la majorité de ceux se revendiquant de l’UMP et du PS), RIEN n’est fait pour que les services publics assurés par la mairie le soient réellement, pour que tous les enfants aient accès aux écoles (celles qui relèvent de la commune, soit les écoles maternelles et primaires), où les services de santé, les services d’hygiène, les divers services publics sont assurés par un MINIMUM de personnel au nom de la rentabilité (par exemple, qu’en est-il de la possibilité pour les piétons et handicapés de circuler (ailleurs que sur le vieux-port), où les quelques réclamations aux élus de secteur concernant cela restent AU MIEUX sans jamais une réponse, etc... et en plus, le gouvernement veut étendre ce système à une métropole en privant les derniers élus communaux de leurs prérogatives. Oui, en tant que marseillaise, je suis de tout cœur avec les habitants des diverses communes qui s’opposent à cette réforme, au nom de ce que représente la république.
Sous des dehors "compliqués", il s’agit simplement de nous faire revivre dans une dictature, et de transformer les citoyens en "consommateurs" de république.
Je suis maladroite dans mon expression mais il s’agit vraiment d’un sentiment d’impuissance et que reste-t-il aux individus, sinon, le recours aux idées pour essayer de promouvoir une cité habitable et vivable ?

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