Élire une Constituante, voilà l’urgence !

jeudi 11 avril 2013
par  Association pour une Constituante

L’affaire Cahuzac a donné lieu à un déferlement de bonnes intentions autant que d’attaques violentes.

L’association pour une Constituante donne ci-dessous et en pièce jointe son analyse et son appel à des actions urgentes au delà des logiques partisanes.

***


La démocratie n’est plus qu’un mot et les appels à moraliser la vie publique ne répondent pas à la gravité du problème.

L’affaire Cahuzac n’est pas un problème personnel. Aussi affligeant que soit ce personnage, il n’est qu’une manifestation extrême d’un système fondé sur l’argent roi, la réussite par l’écrasement des autres, la communication comme mode de relation avec les électeurs. Et ceux qui ont bafoué la volonté populaire exprimée lors du référendum du 29 mai 2005 peuvent-ils vraiment parler de morale publique ?

Dans cette situation, il n’y a pas à chercher de justicier, il n’y a pas à trouver la nouvelle règle de vertu publique qui échouera comme les précédentes, il ne faut pas chercher le centième parti qui, tout seul, rebâtirait les bonnes règles républicaines. Il faut refonder la démocratie à partir de son seul titulaire légitime, le peuple, et des principes républicains que sont le suffrage universel, les Droits de l’Homme et du Citoyen, la lutte contre les privilèges.
Tel est le sens de l’appel à une Constituante, c’est-à-dire une Assemblée élue au suffrage universel, et exprimant directement la volonté des citoyens dans la redéfinition des règles de vie publique et des institutions qui les fondent.

La France a, plusieurs fois dans son Histoire, eu recours à cet appel face à de graves crises : 1789, 1848, 1875, 1946. Car la Constituante donne réponse à ce qu’exprimait déjà fortement la Déclaration de 1789 proclamant que « l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Il est temps de reposer la question avant que des forces officiellement antidémocratiques ne viennent résoudre par la force la crise politique d’aujourd’hui. La Constituante est le moyen à la fois de rassembler les citoyens, au delà de leurs divergences, pour reconstituer le corps politique et reconstruire les institutions sur une base démocratique et républicaine.

Certes, des partis ou mouvements politiques cherchent avec sérieux à répondre à la grave situation politique et morale que traverse le pays et, au delà, l’ensemble des Etats occidentaux. Mais aucun parti ne peut prétendre incarner et conduire la volonté de changement de système d’autant que la période appelle à une recomposition du paysage politique, à l’émergence de nouveaux représentants à partir des aspirations réelles des citoyens. Celles-ci doivent s’exprimer dans des cercles locaux capables de rassembler les citoyens dans leur diversité, de collecter leurs doléances et d’imposer la convocation et l’élection de l’Assemblé Constituante tout en définissant le mode d’élection le plus représentatif pour les constituants.

Nous appelons aujourd’hui à la constitution de tels cercles. De façon immédiate, nous appelons à organiser le 29 mai des rassemblements dans tous les départements pour commémorer le vote des français lors du référendum de 2005, dénoncer ceux qui l’ont bafoué et exiger le respect et la refondation de la démocratie.


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Commentaires

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lundi 15 avril 2013 à 11h42 - par  Jean-Marc

Jacques, bien entendu que 1789 n’est pas "reproductible". En outre, il serait bon que des têtes ne tombent pas.

Mais il y a quelque chose dans cette date qui est différent des 3 autres dates : il y a eu rupture et changement radical de modèle politique, le nouveau ayant été formalisé sur la base d’une philosophie politique relativement créatrice murie lors des deux siècles précédents.

De la même manière, je considère que le modèle actuel de démocratie représentative, et ses différentes institutions, ont atteint ou sont proches de leur fin ; ça ne marche plus, pour un ensemble de raisons qu’il serait bien long de développer.

C’est pourquoi j’attire l’attention sur cette date. C’est une nouvelle philosophie politique, que je vois personnellement en germe ou en épis depuis des décennies, et qui ne demande qu’à s’exprimer concrètement, qui doit guider l’esprit d’une Constituante.
Le cas islandais est donc un contre-exemple, lui qui n’a servi qu’à désamorcer des casseroles, mais qui n’a rien changé à cette forme démocratique que je dis essoufflée et finissante.

Alors bien entendu, comme vous le dites, il est fondamental de ne pas laisser ceux qui rêvent pauvrement dans le cadre de ce modèle mental existant à ce jour ou en profitent pleinement (n’est ce pas M. Mélenchon et ses "amis"...!) téléguider un tel projet.
Le téléguider en faisant en sorte qu’émergent des territoires des "volontaires". Car nous savons bien leur expertise à ceux là et à d’autres encore plus nuisibles tels les extrêmes dits de droite à crier fort, impressionner, et noyauter des aspirations populaires encore diffuses mais bel et bien réelles. Le cas français est tristement symptomatique de cet état de fait.

Cela dit, puisque vous soulevez le lièvre, le tirage au sort a donné lieu à bien des débats passionnés notamment par ici je crois.
En ce qui me concerne, ce que je peux dire c’est que j’ai eu en les suivant l’impression de deux absolutismes face à face.
Ce que je peux dire aussi, c’est qu’entre ces deux absolutismes il y a de multiples chemins plus équilibrés qui semblent possibles, et que à ma connaissance de nombreux courants de pensée et plusieurs communautés "intéressantes" pensent et explorent ces multiples chemins.

Et c’est autour de par là que passe à mon avis ce changement de modèle démocratique qui permettra de passer à autre chose pour la Cité et les citoyens, à la hauteur de Rousseau, sans être du Rousseau.

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vendredi 12 avril 2013 à 14h20 - par  Jacques

Une élite qui passe son temps à se protéger du bon peuple, notamment en bidouillant toutes les lois électorales, j’appelle ça une clique !...!
Une vraie élite ne craignait ni la vérité ni la justice !?

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vendredi 12 avril 2013 à 14h09 - par  Jacques

Non, la situation de 1789 n’est pas reproductible : en 1789, seul avait cours le droit "divin" : il était impossible de trouver un seul professionnel de la représentation populaire...alors qu’en 2013, lancer des comités constituants, ce serait laisser les professionnels de la représentation revenir sous une autre casquette ou, pis, leur donner pleins pouvoirs...sauf à mettre tous les sortants à l’ombre !?!
Seul le tirage au sort me semblait à même de ressuciter l’esprit de 1789 malgré lui...à condition de porter sur des volontaires, voire des volontaires qui ne vivraient pas déjà eux-mêmes du seul produit de l’impôt...comme présentement les députés qui ne cahuzaquent pas -

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jeudi 11 avril 2013 à 17h58 - par  Jean-Marc

1789, 1848, 1875, 1946

4 dates.

Je ne vois que la première qui soit pertinente dans le contexte actuel, qui est de mon point de vue celui de la fin catastrophique de la forme démocratique inaugurée en France en 1792 et qui a connu des hauts et des bas depuis, mais est restée calée sur une philosophie politique née au XVIIIe, et sur des principes institutionnels qui dans le fond n’ont pas évolué.

Il ne s’agit donc pas de pondre une VIème République comme le bêlent les animaux de basse cour professionnalisés de toujours du genre Mélenchon ou Montebourg, ;)

mais de laisser le peuple IMAGINER
comment sublimer ce qui apparait comme autant d’évidences de la fin d’un régime :

les partis ne générant plus des élites, la représentation absolue comme source de suffisance et de collusion, les assemblées omnipotentes mais sans science, le débat comme source supposée bien que invalidée de sagesse collective, la transparence des comptes publics non désirée par la caste que l’on sait, la professionnalisation de la classe politicienne qui entraine une consanguinité intellectuelle et morale dommageables, la surpuissance des media de masse dans le cadre du fonctionnement de la démocratie qui doit être prise en compte, la nouvelle donne internet qui doit être intégrée,
vous en voulez plus ?

autant de raisons qui font que
non 1848, 1875, 1946 ne sont pas analogiquement pertinents.

Seul 1789 l’est : la notion actuelle d’ "élu" doit être repensée, comme en 1789 fut mis fin à la notion d’élu divin.

À signer ! Présidentielle NON - Constituante OUI

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Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?

Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ?

Si vous trouvez notre vie publique fossilisée,
- si vous voulez des élections générales,
- si vous pensez que la souveraineté du peuple est bafouée,
- si vous pensez que vous n’êtes pas représentés,
- si vous pensez que la loi "territoires" du gouvernement Fillon-Sarkozy détruit la démocratie locale
- si vous ressentez le traité de Lisbonne comme une insulte et un coup d’État contre le vote NON au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005

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