Italie An I

mardi 26 février 2013
par  Association pour une Constituante

Les élections en Italie sont un signe de plus, venant après ceux donnés par la Grèce, l’Espagne, l’Islande,...la France, de dégout des citoyens devant les soi-disant lois économiques relayées par l’OMC, l’Union européenne,...
Vous trouverez ci-dessous un communiqué de l’Association pour une Constituante en français, puis en italien.

***


Italie : du rôle de la démocratie


Le peuple italien, à son tour, a voté. À son tour, il a rejeté les politiques d’austérité européenne et les « gouvernements de techniciens » comme celui de Mario Monti, ex commissaire européen et ex dirigeant de la banque Goldman Sachs installé de force au pouvoir depuis plus d’un an. Une grave crise économique, sociale et institutionnelle conjuguée à une profonde crise morale aboutissent donc à un profond rejet, même à un dégoût du système politique italien. Le résultat parle de lui-même : au scrutin proportionnel, le mouvement Cinque Stelle de Beppe Grillo obtient 23,8% des suffrages au Sénat et 25,5% à la Chambre des députés, talonnant les suffrages exprimés pour Sylvio Berlusconi (30,7%, 29,1%) et Pier Luigi Bersani (31,6%, 29,5%), empêchant donc ces deux derniers de dégager une majorité et enfonçant l’Italie dans une situation ingouvernable.

Bien sûr, les bien pensants affirmeront que ce vote traduit des réflexes réactionnaires (vote régionaliste, xénophobe et séparatiste pour la Ligue du Nord, en alliance avec le Pdl de Berlusconi). Mais en rester à cette explication simpliste, bien digne des habituels analystes amateurs du statu quo n’est pas admissible face à l’ampleur de l’expression populaire. L’ascension spectaculaire de Grillo, liée au qualunquismo et à ses étoiles filantes de populisme autoritaire, marque trop le rejet des mécanismes classiques de la politique pour admettre les commentaires somnifères. Le « Mouvement Cinque Stelle », une sorte d’omnibus unissant des réactionnaires déçus et des pseudo altermondialistes vivant la politique uniquement par le biais du « réseau social » tout en applaudissant leur idole – ancien comique enragé - qui dit à tout bout de champ : « politiques, allez vous faire foutre ! ». Le décor est planté.

Qui plus est, un italien sur trois s’est abstenu de voter, par total détachement de la politique italienne d’aujourd’hui et du rôle lacunaire des partis. On ne peut que regretter la montée, là-bas comme ici, de l’abstentionnisme. Le chômage, un fort déficit public, l’austérité, l’absence de souveraineté monétaire sont, en Italie, accompagnés par une mafia galopante, un fort pouvoir de l’Église, des services publics détruits, une grande désertification des territoires et une profonde crise culturelle. Beaucoup d’Italiens auraient ainsi voté pour Berlusconi en croyant à sa promesse de rembourser l’impôt de l’IMU. Au moment où Benoît XVI faisait son dernier Angelus, place Saint-Pierre ce dimanche, l’Italie marquait l’impossible résistance face aux ravages de la machine libérale qui efface le passé (relisons les Lettres luthériennes de Pasolini), fait revenir les peurs des dérives fascistes et détruit toute vie collective, tout intérêt général.

Si l’élection d’une Assemblée Constituante devient une réponse, en Italie comme dans tous les pays européens, c’est qu’elle seule permet de faire face au dégout de plus en plus violent que suscite une classe dirigeante porte parole du libéralisme antidémocratique et anti social, au rejet d’une construction européenne porteuses de ces seules valeurs libérales ; c’est parce que la construction d’un véritable espace de paix et de progrès demande l’expression démocratique de chacun des peuples concernés.

Italia : ruolo della democrazia

Anche il popolo italiano ha votato. E ha respinto le politiche di austerità europea e i « governi tecnici », senza alcuna legittimazione elettorale, come quello di Mario Monti, ex commissario europeo ed ex dirigente della banca Goldman Sachs, insediato al potere da più di un anno. Una grave crisi economica, sociale e istituzionale insieme ad una profonda crisi morale hanno condotto ad un profondo rigetto e allo stesso tempo ad un disgusto per il sistema politico italiano.

Il risultato parla da sé : con il sistema proporzionale, il M5S di Beppe Grillo ha avuto il 23,8% dei voti al Senato e il 25,5% alla Camera dei deputati, inseguendo i risultati conseguiti da Silvio Berlusconi (30,7%, 29,1%) e da Pier Luigi Bersani (31,6%, 29,5%), ostacolando la formazione di una maggioranza e spingendo la situazione politica dell’Italia al limite dell’ingovernabilità. Ovviamente, i benpensanti diranno che questo voto traduce sicuramente dei riflessi reazionari (voto regionalista, xenofobo e separatista per la Lega Nord, in alleanza con il PDL).

Tuttavia di fronte all’ampiezza dell’espressione popolare, non è ammissibile restare con questa spiegazione semplicista, degna degli analisti che amano lo status quo. L’ascesa spettacolare di Grillo, legata al qualunquismo e alle stelle filanti del populismo autoritario, testimonia il rifiuto e il rigetto dei meccanismi classici della politica per ammettere i commenti soporiferi. Il M5S, una sorta di omnibus che unisce reazionari delusi e cosiddetti pseudo alter-mondialisti o no-tav che vivono la politica nella « rete sociale » e applaudono il loro idolo – ex comico arrabbiato – che dice sempre « politici, vaffanculo ! ». Tutto è pronto per l’entrata in scena.

D’altronde, un Italiano su di tre non è andato a votare, a causa di un totale distacco dalla politica italiana di oggi e del ruolo lacunoso dei partiti. Possiamo solo assistere all’ascesa dell’astensionismo, in Italia come in Francia. La disoccupazione, un forte deficit pubblico, l’assenza di sovranità monetaria sono accompagnati in Italia da una mafia senza freni, dal forte potere della Chiesa, dai servizi pubblici distrutti, da una grande desertificazione dei territori e da una profonda crisi culturale. Molti Italiani avrebbero quindi votato Berlusconi credendo alla sua promessa di rimborso IMU. Proprio mentre Benedetto XVI teneva il suo ultimo Angelus, a piazza San Pietro questa domenica, l’Italia viveva l’impossibile resistenza davanti ai danni della macchina liberale che cancella il passato (rileggiamo le Lettere luterane di Pasolini), facendo risorgere le paure delle derive fasciste e distruggendo ogni possibilità di vita collettiva ed ogni interesse generale.

L’elezione di un’Assemblea Costituente diventa una risposta, in Italia come in tutti i paesi d’Europa, in quanto solo questa potrebbe permettere di fare fronte al disgusto sempre più violento che suscita una classe dirigente portavoce del liberismo antidemocratico e antisociale, di fronte al rifiuto di una costruzione europea, espressione di questi valori liberali ; e, per tali ragioni, la costruzione di uno spazio di pace e di progresso richiede l’espressione democratica di tutti i popoli direttamente interessati.


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