Mittal ? Un symbole !!

vendredi 30 novembre 2012
par  André Bellon

Si l’on excepte Laurence Parizot, personne en France ne semble s’enthousiasmer pour Mittal. Personnage particulièrement symbolique du cynisme économique, du mépris des salariés et de l’intérêt particulier à tout prix, il cherche simplement à rentabiliser au maximum ses investissements quelles qu’en soient les conséquences. En voulant réduire l’offre sidérurgique, il cherche à valoriser ses avoirs ailleurs dans le monde ; et qu’importent les conséquences sociales en France !

Mais le jugement sur cet individu est-il vraiment fondamental ? Car, après tout, vitupérer contre lui permet de faire croire qu’il y a un méchant, pas un système. Et de faire oublier qu’il n’est pas tombé du ciel, mais que les gouvernements successifs en France lui ont donné ce pouvoir sur les hommes et sur les choses.

On a bradé les biens collectifs de la France en même temps qu’on nous racontait des fadaises sur la construction d’une Europe forte face aux défis extérieurs. On a légitimé l’idée que le laisser aller-laisser faire était la meilleure manière de gérer l’économie. Ce n’est pas d’aujourd’hui que la question se pose et, tout au long des dernières décennies, gauche et droite confondues ont défendu l’idée que le développement des marchés financiers était de l’intérêt collectif. On rappelle bien sûr la loi Giscard de 1973 qui interdit à la Banque de France de prêter sans intérêt à l’État ; mais rappelons qu’elle fut renforcée par un traité de Maastricht qui rend ce « marché » arbitre de la vie politique.

La question aujourd’hui posée de savoir s’il faut ou pas nationaliser Mittal va donc bien au-delà de ce problème spécifique, aussi important soit-il. Elle interroge sur le principe même d’une souveraineté collective contre les intérêts particuliers. Elle interroge sur la nature de la mondialisation dont l’Union européenne est un segment et à laquelle les gouvernements français acceptent de se soumettre.

Plutôt que de rabâcher les discours convenus sur l’archaïsme ou la modernité, sachons reparler de ce défi permanent dans l’Histoire : la souveraineté du peuple qu’on appelle plus communément la démocratie.


Commentaires

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samedi 1er décembre 2012 à 22h09 - par  Robert HADJADJ

MITTAL, PUR PRODUIT DE L’UE.
Qu’attendiez-vous de la Présidente du MEDEF ? Quelle soutienne la nationalisation de l’acier français ? Elle qui prône à toute occasion la désintégration de la France dans l’Etat fédéral européen. Fallait-il attendre plus du pouvoir PS que du pouvoir UMP ? Eux qui nous ont enchainés à la même fin politique avec plus ou moins de social pour paraître plus ou moins de gauche ? Non car l’Union européenne, le pouvoir financier qui contrôle tout, ne permettront jamais de nationalisation.
Alors que nous reste-il ? La Constituante ? Mais qui peut croire qu’une telle élection puisse être possible sans que le peuple, et pas seulement celui de gauche, leur arrache au préalable le pouvoir !

RH
Cercle de Montpellier

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samedi 1er décembre 2012 à 20h54 - par  J.G.

Robespierre théoricien du droit naturel à l’existence :

http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article381

S&F

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samedi 1er décembre 2012 à 10h43 - par  Maurice

Merci pour ce rappel, il est nécessaire pour que ceux qui ont cru aux sirènes du sauveur qu’AVANT, il y a eu des messieurs je sais tout et je suis le meilleur qui ont œuvré pour détruire nos industries ! ------- Souvenons-nous que certains disaient au milieu des années 70 que maintenant il y aurait des industries sans usines en France, mais que sont devenus les ouvriers ?! ----------- Ils sont les enjeux de petites frappes politicienne ! ------------ Utilisé comme marche pieds pour accéder à la marche au-dessus dans l’escalier menant aux pouvoirs ! ------------ Le tout est de savoir si nous voulons être piétinés comme des paillassons OU rester la tête haute fasse à EUX ?! ------------------ . J’ai choisi, et vous ?!!

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samedi 1er décembre 2012 à 10h41 - par  Louis Siais

Dans l’affaire ARCELOR MITTAL, Laurence Parizot et quelques bons esprits du MEDEF mettent en cause les nationalisations qui porteraient scandaleusement atteinte à la propriété privée des biens de production. Or c’est oublier un peu vite que, depuis 1789, le droit de propriété – surtout celui des biens de production qui engendrent le salariat – n’a jamais été considéré comme un droit absolu et intangible.

Déjà, en effet, l’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 ne craint pas d’affirmer que malgré son caractère « inviolable et sacré », le droit de propriété doit céder le pas devant « la nécessité publique légalement constatée » lorsque celle-ci « l’exige » de manière « évidente », la contrepartie étant une juste et préalable indemnisation du propriétaire .

Rappelons que la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen n’a rien perdu de sa force puisqu’aujourd’hui elle a été intégrée dans le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958.

Plus proche de nous, l’alinéa 9 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 dispose à son tour que « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. »

Ce même Préambule proclame également, dans son alinéa 5, le droit au travail par l’affirmation au profit de chacun du « droit à obtenir un emploi ».

Or comme la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 a été intégré dans la Constitution du 4 octobre 1958 et a une valeur juridique selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Ainsi donc la propriété des moyens de production est bornée par l’intérêt général constatée par la loi ainsi que par le droit au travail.

Les pratiques des détenteurs des moyens de production - fermant des sites industriels pour insuffisance de profits et bénéfices pour les ouvrir ailleurs pour une plus grande rentabilité en plongeant ainsi dans le chômage un nombre de plus en plus grand de travailleurs salariés - doivent rencontrer la ferme résolution du pouvoir politique rappelant l’intérêt général, celui de la collectivité nationale, et la protection du travail et des salariés.

Comme le disait le dominicain Henri Dominique Lacordaire au 19ème siècle, « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » (52ème conférence de Notre-Dame).

Dans le même esprit, la Conférence internationale de Philadelphie du 10 mai 1944 a affirmé dans son § 1er que le « travail n’est pas une marchandise » et que « la lutte contre le besoin doit être menée avec une inlassable énergie au sein de chaque nation, et par un effort international continu et concerté dans lequel les représentants des travailleurs et des employeurs, coopérant sur un pied d’égalité avec ceux des gouvernements, participent à de libres discussions et à des décisions de caractère démocratique en vue de promouvoir le bien commun ».

Elle poursuit : « Convaincue que 1’expérience a pleinement démontré le bien-fondé de la déclaration contenue dans la Constitution de l’Organisation internationale du Travail, et d’après laquelle une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale, la Conférence affirme que :

a) tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales ; b) la réalisation des conditions permettant d’aboutir a ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale ;

c) tous les programmes d’action et mesures prises sur le plan national et international, notamment dans le domaine économique et financier, doivent être appréciés de ce point de vue et acceptés seulement dans la mesure où ils apparaissent de nature à favoriser, et non à entraver, l’accomplissement de cet objectif fondamental. »

Ainsi, conclut-elle, l’OIT, comme les différentes nations du monde, doivent mettre en œuvre des programmes propres à réaliser « la plénitude de l’emploi et 1’élévation des niveaux de vie ».

Tout le contraire de la régression généralisée qu’on nous propose aujourd’hui comme étant le nouvel horizon européen en ce début du 21ème siècle !!!

Retrouver l’esprit de Philadelphie aujourd’hui est devenu d’une urgente et impérieuse nécessité.

Louis SIAIS (juriste)

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samedi 1er décembre 2012 à 10h37 - par  André Bellon

En réponse à RV

Je vois bien les contradictions qui sont devant nous. Mais je continue de penser qu’on n’arrive pas à y répondre parce qu’on évite la question fondamentale. Non pas que les problèmes que tu évoques soient secondaires, au contraire ils sont vitaux. Mais la question clef est : qui doit donner la réponse , et je ne vois qu’une possibilité : le peuple, d’où la Constituante.

AB

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vendredi 30 novembre 2012 à 19h15 - par  HV

D’accord avec ton analyse. D’accord aussi avec ton intervention au M’PEP d’Aix
Mais je me pose toujours la question sur la nécessiter absolue de sortie de l’Europe et de l’euro qui divise la gauche, alors que le but commun est de nous sortir du néolibéralisme.
Pratiquement si on prend le pouvoir en France par les élections, ne peut-on pas techniquement décider :
- abroger la loi Giscard de 1973
- demander à la banque de France d’émettre de la monnaie au moins scripturale
- remettre en place la CDC pour lancer les investissements utiles à la nation
- instituer un contrôle de la circulation des capitaux (comme avant)
- mettre une taxe antidumping sociale, fiscale et environnementale ciblée après discussion avec les pays concernés (Les douaniers CGT sont prêts à le faire en 8 jours)
N’y a -t-il pas un compromis de Luxembourg du 29 janvier 1966 encore en vigueur, qui nous permet de décider au dessus des lois européennes ou mondiales ?
Evidemment ça risque fort de coincer au niveau de la commission européenne, on se ferait peut-être virer, mais ce n’est pas sûr si d’autre pays font comme nous...
Alors FG, M’PEP même combat.
Hubert Viallet (époux de Christiane Garnier de Manosque)

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vendredi 30 novembre 2012 à 18h53 - par  Jean-Marc Guillon

BONSOIR André.BELLON

L’origine de cette affaire est oublié pour toujours, les rappels historiques ont cette faculté particulière de raviver les mémoires.
Je veux parler d’un grand PDG français que le monde entier nous enviait, ou presque ( en France nous avons les meilleures élites), que le MEDEF à l’époque portait aux nues à 1 point tel, que tout lui réussirait les yeux fermés,
Je veux parler de : francis.MER.
Ce patron de génie eut l’excellente idée de créer Usinor/ARCELOR en ouvrant le capital à la bourse à hauteur de 80%, idée selon laquelle il faudrait tellement d’argent pour lancer une OPA sur Arcelor qu’une seule fortune n’y suffirait pas.
Autrement dit, il n ’y a personne sur cette planète pour acquérir 55% du capital d’Arcelor via la bourse.

Un jour un riche indien, au fin fond de sonIinde natale, frappa à la porte pour lancer une offre d’achat sur ladite compagnie Arcelor.
Alors les banques françaises conseillèrent leurs clients petits et moyens détenteurs d’actions de entreprise : " attendez que l’offre monte un peu plus ", alors si vous aviez investi 10 000euros en action Arcelor, c’est à dire que l’indien Mittal vous a payé 30 000euros.
Mais les plus gros détenteurs de ces titres étaient les banques elles-mêmes, c’est dans cette juteuse opération qu’elles réalisèrent les meilleurs bénéfices.
Résultat la France perdit sa plus importante filière d’aciérie/sidérurgie.

Merci Francis MER.
Il est parti avec des stocks option et une retraite chapeau.
Je n’entends plus le MEDEF au sujet de la grande compétence du super PDG.
Voyez " la trahison des élites " de Raoul.Marc.JENNAR.

Rappelez vous Péchiney/Thomson.

Bien à vous.

À signer ! Présidentielle NON - Constituante OUI

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Remplaçons en 2017 l’élection présidentielle par l’élection d’une assemblée constituante !


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Estimez-vous que les élus sont aujourd’hui réellement représentatifs des citoyens ?

Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?

Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ?

Si vous trouvez notre vie publique fossilisée,
- si vous voulez des élections générales,
- si vous pensez que la souveraineté du peuple est bafouée,
- si vous pensez que vous n’êtes pas représentés,
- si vous pensez que la loi "territoires" du gouvernement Fillon-Sarkozy détruit la démocratie locale
- si vous ressentez le traité de Lisbonne comme une insulte et un coup d’État contre le vote NON au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005

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