Faire face - Réinventer la démocratie

lundi 21 décembre 2015
par  Appel à agir

Faire face - Réinventer la démocratie


par André Bellon, Président de l’Association pour une Constituante, Françoise Castex, Ancienne Députée européenne , Florence Gauthier, Historienne, Roland Gori, Psychanalyste, Raoul Marc Jennar, Essayiste, Richard Martin, Directeur du Théâtre Le Toursky à Marseille, Evelyne Sire-Marin, Magistrat, ex Présidente du Syndicat de la Magistrature.

Il serait absurde de sortir soulagés du deuxième tour des régionales. Si, en apparence, les résultats semblent avoir évité le pire, l’extrême droite a assis sa présence. De plus en plus de citoyens rejettent les partis traditionnels et émettent un fort doute sur la capacité de nos institutions à répondre aux dommages sociaux, économiques, culturels et humains. Il s’agit d’une crise profonde de la démocratie à laquelle le FN ne saurait être une solution.

Bien avant les événements dramatiques du mois de novembre, le rejet des gouvernements imposant leurs choix néolibéraux était de plus en plus manifeste. Aujourd’hui, la solution n’est pas dans le renforcement d’un pouvoir autoritaire ou d’un leader charismatique. Au contraire, seule une refondation démocratique qui puise dans la vitalité de la société française peut offrir des solutions efficaces et adaptées aux problèmes dans lesquels s’enfonce le pays.

Rétablir la citoyenneté, réaffirmer l’opposition à une Europe néolibérale, reconstruire la souveraineté du peuple, autant de principes qui ne peuvent être portés dans le cadre du système politique actuel. La démocratie est le pouvoir du peuple, elle ne peut se redéfinir que par l’expression des citoyens. Elle impose une mobilisation populaire, la création immédiate de nouveaux espaces d’expression et de décision.

Pour lancer ce processus vital pour la nation, nous appelons les citoyens à s’engager dans un processus de refondation, par eux-mêmes, de la démocratie. Dans un premier temps, nous les appelons à exprimer leurs volontés en rédigeant des cahiers d’exigences, à se réunir en cercles locaux pour les écrire en commun, selon les modalités qu’ils trouveront les plus appropriées (recueil de textes, lettres ouvertes, listes de demandes, etc.).

Il s’agit de reconquérir l’espace de la parole démocratique mise à mal par la technocratie, la société de la marchandise et du spectacle. Il s’agit de tisser de nouveaux liens entre des citoyens trop souvent tétanisés par le sentiment trompeur de leur isolement bien qu’ils soient des millions à souhaiter une réinvention de la vie politique.

Dans cette perspective, et dans un deuxième temps, nous inviterons tous ceux que cette initiative intéresse à préparer un grand rassemblement de collecte, d’expression et de traitement des cahiers d’exigences rédigées librement au niveau local. Il s’agira de rendre visibles les demandes des citoyens mais aussi d’envisager les solutions qu’ils proposent pour reprendre en main leur droits fondamentaux de peuple souverain.

A partir de ce moment, il appartiendra aux citoyens de décider comment répondre à l’actuelle crise de régime, sous quelles formes précises ils souhaitent rétablir la démocratie dans notre pays en définissant les nouvelles règles de fonctionnement de la vie politique.

Citoyens, il est temps de se libérer des figures imposées par la vie publique depuis plusieurs décennies et dont la faillite est de plus en plus évidente. La démocratie est notre bien. Nous y tenons. Disons-le en participant à cette initiative. Elle sera ce que nous en ferons.


Commentaires

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samedi 2 janvier 2016 à 08h08 - par  Jean-Pierre Alliot

L’appel à « Faire face » insiste à très juste titre sur la nécessaire mobilisation populaire, qui seule est en mesure d’imposer la démocratie à des classes dirigeantes qui la méprisent et la piétinent.

C’est en effet le peuple qui, dans son mouvement, peut bousculer les institutions et contraindre la convocation d’une Assemblée Constituante souveraine. Faut-il rappeler que rien, dans la Constitution actuelle, ne prévoit cette possibilité ? Aucune autorité officielle n’a, aujourd’hui, la capacité juridique d’appeler le peuple à élire ses députés pour rédiger une nouvelle Constitution.

Même le référendum de 2005 débouchant sur une victoire populaire du non, inouïe pour les classes dirigeantes, n’a pas réussi à imposer sa volonté.

Mais, un an plus tard, en 2006, la révolte contre le Contrat Première Embauche, le fameux CPE, révolte lucide et organisée, a fait reculer le pouvoir et cassé une loi officiellement votée par une Assemblée nationale déjà discréditée. Dans cet épisode comme dans tant d’autres, le peuple a ainsi réinventé la démocratie.

Logo de Francis Lenne
mercredi 23 décembre 2015 à 19h57 - par  Francis Lenne

Mutations historiques : œuvre des minorités actives

Bien sûr, la participation de tout un peuple à la définition de son contrat social est un préalable, mais il reste à préciser les modes d’actions ; en cette période où toute manifestation permettant d’exprimer sa liberté d’opinion est interdite, réprimée par les partis en place, la fenêtre est étroite. Le suffrage dit universel dans sa version imposée par les partis est un piège perpétuel. Voir http://www.contrepoints.org/2015/12/21/233419-pourquoi-perdre-son-temps-a-voter#comment-1186582 [➠http://www.contrepoints.org/2015/12/21/233419-pourquoi-perdre-son-temps-a-voter#comment-1186582]
Merci à Contrepoints pour cet article de synthèse, brillant. Nulle démocratie, Gouvernement par le peuple Souverain, ne peut naître en effet d’un système électoral que les élus organisent à leur seul profit, évidemment. La démonstration certes géniale de Condorcet n’a nul besoin d’être appelée pour le comprendre. Après avoir constaté que ceux qui votent se précipitent pour élire un candidat dont ils ne voulaient pas en votant ensuite pour lui, soi-disant pour barrer la route à un autre candidat dont ils ne voulaient pas non plus, on ne doit plus dire "voter", mais "veauter".
La démocratie ne peut advenir que par la désignation de mandatés juridiquement responsables de l’exécution de leur mandat, non cumulable et non renouvelable, à partir du niveau le plus local possible et par la non délégation à des mandatés du pouvoir de se voter des lois qui concernent leur pouvoir. Bien sûr, abstention ou vote nul (ou blanc, ce qui encore la même chose) ne signifie pas démission. Il faut être volontaire pour "se présenter" et agir. Mais n’oublions pas que le système électoral actuel, cadenassé par les organes centraux des partis politiques, interdit de fait toute candidature indépendante. Que ceux qui ne veulent pas le croire essayent, les présidentielles approchent... La première condition, c’est donc bien de se débarrasser d’abord des partis politiques, de tous sans exception, en NE VOTANT PLUS JAMAIS POUR UN CANDIDAT VENANT D’UN PARTI. Bien sûr, c’est une condition absolument nécessaire, mais elle n’est pas suffisante, d’autres actions sont indispensables et la mobilisation du peuple que souhaite de ses vœux André Bellon est primordiale. Reste à la rendre possible car elle devra mobiliser bien des énergies tout en évitant les manœuvres partisanes et toujours machiavéliques. Ces actions ne peuvent pas être décrites exhaustivement ici. Bien des rapprochements seront donc nécessaires, débarrassés des dogmatismes et des tentations narcissiques.
Est-ce utopique ? "On ne change pas le monde avec des idées", nous dit Denis Lachaud dans son superbe livre "Ah ! ça ira..." "Pour changer le monde, il faut que des hommes et des femmes prennent la décision de les mettre en œuvre... Les mutations historiques sont toujours portées par des minorités actives... Quand la majorité provoque une alternance républicaine, elle opte pour un remodelage de surface... seule une minorité se démènera sans relâche pour résister à l’épuisement".
Il nous reste à construire cette minorité. Faisons face.

URL :Fonder la démocratie

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Remplaçons en 2017 l’élection présidentielle par l’élection d’une assemblée constituante !


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Estimez-vous que les élus sont aujourd’hui réellement représentatifs des citoyens ?

Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?

Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ?

Si vous trouvez notre vie publique fossilisée,
- si vous voulez des élections générales,
- si vous pensez que la souveraineté du peuple est bafouée,
- si vous pensez que vous n’êtes pas représentés,
- si vous pensez que la loi "territoires" du gouvernement Fillon-Sarkozy détruit la démocratie locale
- si vous ressentez le traité de Lisbonne comme une insulte et un coup d’État contre le vote NON au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005

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